top of page
Rechercher

10 mythes du sommeil à déconstruire

  • il y a 12 heures
  • 5 min de lecture

Quand le sommeil se dérègle, on cherche souvent des règles à suivre, des explications simples, des repères rassurants...


Le problème, c’est que beaucoup de ces "vérités" sur le sommeil sont en réalité des croyances très ancrées, transmises culturellement, répétées partout… et rarement remises en question.

Ces mythes ont un point commun : ils créent de la pression, de l’hypervigilance et une sensation d’échec dès que le sommeil ne correspond pas à ce qu’on pense qu’il devrait être.


Dans cet article, je vous propose de revenir aux bases et de déconstruire certaines idées reçues sur le sommeil, non pas pour ajouter de nouvelles règles, mais pour retirer celles qui compliquent inutilement vos nuits.


🌙 1. « Les heures avant minuit comptent double »

C’est sans doute l’un des mythes les plus répandus… mais qui repose sur une réalité mal interprétée !

Ce ne sont pas les heures avant minuit qui comptent double, mais plutôt celles situées en début de nuit (avant mi-nuit), là où se concentre la plus grande partie du sommeil profond et réparateur.

Ce qui compte, ce n'est donc pas l'heure affichée sur votre réveil, mais le moment où votre corps bascule réellement dans le sommeil.

Se forcer à se coucher trop tôt, sans somnolence réelle, peut même fragmenter le sommeil et renforcer les difficultés d’endormissement.


Certaines approches issues de la chronobiologie, notamment la chronobiologie chinoise, proposent une lecture complémentaire en faisant le lien entre les horaires nocturnes et l’activité des organes. Ce sont des grilles de lecture intéressantes, à condition de ne pas les transformer en règles strictes ou en nouvelles sources de pression.


🚆 2. « Il ne faut pas rater le train du sommeil »

En réalité, il n’y a pas de train du sommeil.

Le sommeil ne fonctionne pas par opportunité unique à saisir, mais par l’interaction entre deux grands mécanismes :

  • la pression de sommeil, qui augmente au fil de la journée,

  • et le rythme circadien, qui envoie des signaux de veille et de sommeil.


Si les conditions sont réunies, le sommeil finit par s’imposer. Il n'y a pas de fenêtre magique à ne pas manquer.

Le problème survient surtout lorsque l’on ignore les signaux de somnolence ou que l’on reste dans un état d’éveil trop élevé. Croire qu’on a “raté sa chance” ne fait qu’augmenter la pression… et retarder encore plus l’endormissement.


⏰ 3. « Il faut dormir 8 heures par nuit »

Les 8 heures correspondent à une moyenne, pas à une obligation universelle.

Les besoins de sommeil varient naturellement d’une personne à l’autre. Dormir entre 6h30 et 9h par nuit peut être tout à fait normal, selon votre fonctionnement, votre génétique et votre contexte de vie.

Se mettre la pression pour atteindre un chiffre précis crée souvent frustration, surveillance et inquiétude, ce qui va exactement à l’encontre du sommeil. Le problème n’est pas de ne pas faire 8 heures, mais de croire que ne pas les atteindre signifie forcément mal dormir.


🌗 4. « Se réveiller la nuit, c’est mal dormir »

Les réveils nocturnes, et notamment les micro-réveils, font partie du fonctionnement normal du sommeil. Nous en avons tous plusieurs chaque nuit, la plupart du temps sans en avoir conscience.

Ce qui pose problème, ce n’est pas leur existence, mais la manière dont ils sont vécus lorsqu’ils deviennent conscients : inquiétude, surveillance de l’heure, anticipation du lendemain, lutte pour se rendormir.

C’est cette réaction mentale qui transforme un phénomène normal en difficulté de sommeil. Pas le réveil en lui-même.


🌊 5. « Un bon sommeil doit être profond et continu toute la nuit »

Le sommeil n’est ni linéaire ni uniforme.

Il est composé de cycles, de phases plus légères, de micro-réveils… et le sommeil profond ne représente en moyenne que 10 à 20 % du temps total de sommeil. Le reste se partage entre sommeil léger, micro-réveil et sommeil paradoxal, tout aussi essentiels.

Chercher un sommeil parfaitement continu et majoritairement profond crée des attentes irréalistes et une insatisfaction permanente.

Un sommeil normal est un sommeil vivant et variable.


🛏️ 6. « Plus je dors, mieux c’est »

Dormir plus n’est pas toujours synonyme de dormir mieux.

Passer trop de temps au lit peut diluer la pression de sommeil, fragmenter les nuits et renforcer l’association entre le lit et l’éveil. C'est d'ailleurs l'un des mécanismes qui entretient l'insomnie chronique.

Un sommeil de meilleure qualité repose souvent sur un temps au lit ajusté, et non maximal. Mieux vaut parfois dormir 7h concentrées que 9h fragmentées.


📆 7. « On peut rattraper sa dette de sommeil le week-end »

La dette de sommeil ne se rattrape jamais complètement.

Dormir beaucoup plus tard le week-end peut donner une impression de récupération, mais cela désynchronise l’horloge interne et complique souvent l’endormissement du dimanche soir. Résultat : on repart sur une semaine déjà décalée.

Pour préserver un bon rythme, il est généralement recommandé d'avoir une heure de lever relativement stable et de ne pas la décaler de plus d'1h à 1h30 maximum, même le week-end.


🍷 8. « L’alcool aide à mieux dormir »

L’alcool peut faciliter l’endormissement, mais il altère profondément la qualité du sommeil (et de nombreuses autres fonctions physiologiques).

Il fragmente les cycles, réduit le sommeil réparateur et favorise les réveils nocturnes, en particulier en deuxième partie de nuit.

S’endormir plus vite ne signifie pas dormir mieux.


⏳ 9. « Il faut rester au lit et attendre que le sommeil revienne »

Rester au lit éveillé, à ruminer ou à lutter contre le sommeil, entretient l’association entre le lit et l’éveil.

Lorsqu’on sent que le sommeil ne revient pas, il est souvent préférable de se lever quelques dizaines de minutes, de faire une activité calme et non stimulante, puis de revenir au lit lorsque la somnolence réapparaît.


⏱️ 10. « L’endormissement doit se faire en quelques minutes »

Un temps d’endormissement allant jusqu’à 30 minutes est considéré comme normal.

S’endormir n’est pas un interrupteur, mais une balance qui bascule progressivement du côté du système du sommeil. Plus on cherche à accélérer ce basculement, plus on active l’éveil.

Certaines choses peuvent cependant l’accompagner : activités calmes, respiration, relaxation, méditation pour certaines personnes… à condition qu’elles soient utilisées comme un soutien, et non comme une nouvelle obligation de résultat.

Surveiller son endormissement ou chercher à le contrôler crée souvent de la tension, et donc l’effet inverse de celui recherché.



La plupart des difficultés de sommeil ne viennent pas d’un dysfonctionnement du corps, mais d’un cercle vicieux entre croyances, comportements et pression mentale.

Déconstruire ces mythes permet déjà de relâcher une grande partie de l’hypervigilance qui entretient l’insomnie.

Le sommeil n’a pas besoin d’être contrôlé ni optimisé à l’extrême. Il a surtout besoin de cohérence, de sécurité… et de moins d’injonctions.


✨ Lorsque les troubles sont installés depuis longtemps, un bilan sommeil ou un accompagnement personnalisé devient nécessaire pour comprendre ce qui bloque réellement et avancer durablement.

Le sommeil ne se répare pas à coups de règles, mais par un ajustement progressif, adapté à votre fonctionnement.

 
 
©2024LaurianeMartinez - Site crée sur Wix
bottom of page