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Et la sieste dans tout ça ?

  • Photo du rédacteur: MARTINEZ Lauriane
    MARTINEZ Lauriane
  • il y a 12 heures
  • 4 min de lecture

La sieste divise.

Pour certains, elle est indispensable.

Pour d’autres, elle est interdite sous peine de “ruiner la nuit”.

Et pourtant, comme souvent en sommeil, la réponse n’est ni oui ni non, mais dépend du contexte, du besoin physiologique et de la façon dont elle est utilisée.

La sieste peut être une ressource précieuse… ou un frein au sommeil nocturne. Tout dépend de ce qu’elle vient compenser, soulager ou perturber.

🧠 1. La clé physiologique : la pression de sommeil

Notre capacité à dormir le soir repose en grande partie sur la pression de sommeil, qui s’accumule progressivement depuis le réveil.

Plus cette pression est élevée, plus l’endormissement est facile et le sommeil profond présent.

À l’inverse, dormir en journée fait mécaniquement redescendre cette pression.


C’est là que la sieste devient ambivalente :

  • utile lorsqu’il existe une dette de sommeil réelle,

  • problématique lorsqu’elle est trop longue ou trop tardive.

D’un point de vue physiologique, la sieste peut être indispensable de façon ponctuelle en cas de dette de sommeil.

On estime qu’une heure de sommeil permet déjà de récupérer environ 50 % des fonctions cognitives, ce qui explique son effet parfois spectaculaire.

Mais plus la sieste se rapproche d’un “vrai sommeil”, plus elle entre en concurrence avec la nuit suivante.


😴 2. Toutes les siestes ne se valent pas

On parle souvent de la sieste, comme s’il s’agissait d’un seul et même phénomène. En réalité, il en existe plusieurs formes, avec des effets très différents.


  • La micro-sieste (5 à 10 minutes)

    Elle permet un regain rapide de vigilance, sans entrer dans les phases profondes du sommeil. Son impact sur la nuit est minime.

  • La sieste courte (20 à 30 minutes)

    Souvent la plus efficace dans le quotidien. Elle aide à récupérer sur le plan mental tout en évitant l’inertie du sommeil, cet état vaseux et confus que l’on peut ressentir après un réveil trop profond.

  • La sieste longue (45 minutes à 1h30)

    Elle inclut du sommeil profond. Elle peut être très réparatrice en cas de dette de sommeil, mais elle diminue fortement la pression de sommeil du soir, avec un risque accru de difficultés d’endormissement ou de sommeil fragmenté.


⏰ 3. Le timing : un facteur déterminant

La période la plus propice à la sieste se situe généralement en début d’après-midi.

Ce moment correspond à une baisse naturelle de vigilance, liée principalement à un glissement transitoire vers une dominance parasympathique (système de la détente) du système nerveux. Le corps ralentit, l’éveil baisse, ce qui explique cette sensation de “coup de barre” bien connue.


À l’inverse, les assoupissements de fin de journée ou de début de soirée méritent une attention particulière.

S’endormir devant un film après le repas, même quelques dizaines de minutes, fait fortement chuter la pression de sommeil… au pire moment.

Résultat fréquent :

➡️ endormissement difficile plus tard,

➡️ sommeil plus léger,

➡️ réveils nocturnes.

Ce type de “sieste déguisée” est l’un des pièges les plus courants derrière les nuits hachées.


🔄 4. Quand la sieste devient indispensable : un signal d’alerte

Dire « je ne peux pas fonctionner sans ma sieste » n’est jamais anodin.

Lorsqu’une sieste est occasionnellement nécessaire, notamment en cas de dette de sommeil, elle joue un rôle physiologique de compensation.

Mais lorsqu’elle devient indispensable au quotidien, cela signifie le plus souvent une dette de sommeil massive et que le sommeil nocturne n’est ni suffisamment réparateur, ni de bonne qualité.

Dans ce cas, la sieste ne règle pas le problème : elle le contourne.


Une somnolence diurne excessive, avec un besoin irrépressible de dormir en journée, doit être évaluée sérieusement. C’est le signe qu’une prise en charge du sommeil nocturne est nécessaire, au-delà des stratégies ponctuelles.


🌙 5. La sieste et les rythmes atypiques : le sommeil polyphasique

Pour certaines personnes — notamment celles travaillant en horaires décalés, de nuit ou avec des rythmes irréguliers — le sommeil ne peut pas toujours s’organiser en une seule nuit continue.


On parle alors de sommeil polyphasique : environ 7 heures de sommeil réparties en 2 ou 3 périodes sur 24 heures.

Dans ces situations, la sieste devient une stratégie d’adaptation essentielle, permettant de maintenir vigilance, sécurité et fonctionnement cognitif.

Il est cependant important de rappeler que, même bien organisé, le sommeil polyphasique n’est jamais aussi efficace qu’une nuit complète de sommeil nocturne.

Certaines sécrétions hormonales et certains processus de récupération ont lieu principalement la nuit, dans des conditions spécifiques de durée et de continuité du sommeil.


La sieste soutient alors l’équilibre global, mais ne remplace pas totalement une vraie nuit réparatrice.


La sieste n’est ni une ennemie du sommeil, ni une solution universelle.

Elle peut être une ressource précieuse, un outil ponctuel de récupération ou un soutien indispensable selon les situations. Mais lorsqu’elle devient systématique ou indispensable pour tenir la journée, elle mérite d’être questionnée.


Si la sieste cohabite avec un sommeil nocturne difficile, ou si la somnolence diurne est envahissante, un bilan sommeil ou un accompagnement personnalisé est souvent nécessaire pour comprendre ce qui se joue et ajuster durablement les choses.

Le but n’est pas de supprimer la sieste à tout prix, mais de lui redonner la bonne place, au service de votre équilibre de sommeil.

 
 
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